L'artiste augmenté n'est pas né avec l'IA

L'artiste augmenté n'est pas né avec l'IA.
En 2023, je suis allé voir une exposition au musée du Luxembourg consacrée à Léon Monet, « frère de l'artiste et collectionneur ».
Ce qui m'a marqué, c'est le lien entre les deux frères. D'un côté, le travail de Claude Monet. De l'autre, celui de Léon, chimiste à Rouen, qui fabriquait des pigments à partir du charbon. C'était une révolution pour la qualité de la lumière que produisaient ces couleurs.
Le parallèle est clair entre l'essor de la palette impressionniste, qui apportait beaucoup de vivacité, et l'apparition de ces nouveaux pigments. La première réaction de certains « experts » a été de rejeter cet apport de la technologie dans le travail de l'artiste, et plus largement des impressionnistes.
Le « vert Monet » de la robe de Camille Doncieux a ainsi été moqué : il était d'une vivacité que personne n'avait jamais vue. Au point que des critiques ont dit de Monet qu'avant d'être un bon peintre, il ferait surtout un bon teinturier.
Je fais ce parallèle aujourd'hui, alors que la création augmentée et hybride pose question. Avec le recul, l'intention de Monet et la qualité de son travail n'ont jamais été remises en cause. Pourtant, cet apport technologique a certainement aidé à installer le mouvement, chez lui comme chez beaucoup d'impressionnistes.
L'outil ne remplace pas le regard. Il lui donne de nouvelles couleurs.
Cela fait écho à l'excellente lettre de mon ami Remi Carlioz, « Sans IA, comme on dit sans gluten », qui aborde le sujet sous un autre angle.
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